JJโavais rencontrรฉ Georges Hunter ร Londres, par lโentremise dโune fille qui vendait des allers-retours pour Los Angeles ร mille francs. Le rendez-vous pour les billets avait eu lieu dans lโappartement de Graham Hill, le pilote automobile. Je le revis Georges dans lโavion, au rรฉveil, ร lโapproche de Los Angeles : jโavais avalรฉ des cachets pour dormir. Il me restait une mince ligne de coke, ramenรฉe de Paris, que je nโavais aucune intention de faire franchir ร la douane amรฉricaine. Georges arborait toujours un large sourire sous une petite moustache, exhibant fiรจrement une incisive manquante. Une sorte de Newman du Mad Magazine. Lโun de ses amis, Allan Rose, avait dโailleurs crรฉรฉ ce journal. Georges travaillait pour Globe Propaganda, son agence de graphisme, dont le slogan proclamait : ยซ mensonges รฉhontรฉs et grosse exagรฉrations. Rolling Stone magazine lโavait un jour qualifiรฉ de premier des hippies. Avec le groupe des Charlatans, il avait รฉtรฉ lโun des pionniers du rock psychรฉdรฉlique : la transition des beatniks aux hippies, lโaube de la cรดte Ouest avec Quicksilver Messenger Service, les Grateful Dead, la Holding Company de Janis Joplin. Georges dessinait les pochettes de disques et les billets de concert pour Bill Graham, le grand promoteur de concerts de San Francisco.
Les charlatans avaient รฉtรฉ les premiers ร crรฉer une image avec des habillement de la lรฉgende du Far-West. Georges รฉtait passionnรฉ de tout ce qui rappeler les annรฉes du dรฉbut de l’industrialisation amรฉricaine. Il avait fait de sa maison, qui รฉtait un immeuble en bois typique de San Francisco, musรฉe du temps passรฉ des rideaux de la peinture des murs et et des moulures couleur marron ou verdรขtre dans le style de l’รฉpoque. Tous les meubles et tous les objets avait รฉtรฉ trouvรฉ dans les brocantes. Il comprit. La cuisiniรจre est heureux que j’ai rateurs au mur. Au mur des images de Maxfield Parishes, complรฉter l’illusion d’รชtre dans une autre รฉpoque. Il y avait cependant une chaรฎne stรฉrรฉo de trรจs haute qualitรฉ avec un amplificateur Alandete Macintosh et des enceintes construit spรฉcialement par Orange pour les concerts en plein air. Dans le duplex de la rue Downey, le Rock ‘n’ roll qui รฉtait Roy. Georges avait รฉtรฉ l’un des instigateur et organisateur du cรฉlรจbre รฉtait de l’amour ce qui n’รฉtait pas un euphรฉmisme en pleine libรฉration sexuelle. Il รฉtait seulement seulement un Hipppie c’est neuf mais aussi un addict du sexe toute son รฉnergie en dehors du travail รฉtait oรน trouver des femmes si multiples aventures, ne manque jamais de tourner mal, soit dans la jalousie des autres hommes, soit qui ne connaissait pas ses limites. Il avait pas la notion de la moindre dรฉcence. Un jour une de mes amie Manager de groupe de rock ‘n’ roll , James lui avait envoyรฉ une carte d’anniversaire qui disait ยซquelqu’un dans le nom est sur tous les murs, des toilettes publiques ne peut pas รชtre complรจtement mauvais. ยป C’รฉtait pourtant un bon pรจre de famille pour son fils. Maxfield est avait avec sa femme Lucie avec qui il avait un mariage ouvert.
ร cette รฉpoque, San Francisco devenait le laboratoire dโun monde nouveau. Les Charlatans ne se contentaient pas de jouer de la musique : ils inventaient une esthรฉtique et un mode de vie. Leurs vรชtements inspirรฉs du Far West, leur goรปt pour les affiches psychรฉdรฉliques, leurs concerts lรฉgendaires au Red Dog Saloon et leur rejet des conventions traditionnelles contribuรจrent ร jeter les bases de la contre-culture hippie. Bien avant le Summer of Love de 1967, ils participaient dรฉjร ร la naissance de cette scรจne oรน allaient รฉmerger Quicksilver Messenger Service, les Grateful Dead et toute la mouvance psychรฉdรฉlique de la cรดte Ouest. Rolling Stone qualifia un jour Georges Hunter de ยซ premier des hippies ยป, formule qui n’รฉtait pas totalement exagรฉrรฉe. La maison de Georges reflรฉtait parfaitement cet รฉtat d’esprit. Dans son duplex de Downey Street, chaque dรฉtail semblait provenir d’une autre รฉpoque. Passionnรฉ par l’Amรฉrique du XIXe siรจcle et les dรฉbuts de l’industrialisation, il avait transformรฉ son habitation en vรฉritable musรฉe vivant : meubles chinรฉs, couleurs d’รฉpoque, gravures anciennes et illustrations de Maxfield Parrish recrรฉaient l’atmosphรจre d’un monde disparu. Seule une chaรฎne stรฉrรฉo ultramoderne rappelait que nous รฉtions dans les annรฉes soixante. C’รฉtait lร que se croisaient artistes, musiciens, graphistes et aventuriers de toutes sortes, dans une ambiance oรน la musique, l’expรฉrimentation et la libertรฉ semblaient abolir les frontiรจres sociales.
Lorsque le Summer of Love attira prรจs de cent mille jeunes ร San Francisco en 1967, les Charlatans n’en furent pas les organisateurs officiels, mais ils avaient largement contribuรฉ ร crรฉer le climat culturel qui rendit cet รฉvรฉnement possible. Leur influence dรฉpassait largement le domaine musical. Ils participรจrent ร diffuser les idรฉaux de libertรฉ individuelle, de vie communautaire et d’รฉmancipation qui caractรฉrisรจrent toute une gรฉnรฉration. Georges Hunter incarnait ร lui seul cet esprit de rupture : graphiste talentueux, provocateur infatigable, organisateur d’รฉvรฉnements et figure emblรฉmatique de la libรฉration des mลurs. Aujourd’hui encore, bien que le nom des Charlatans soit souvent รฉclipsรฉ par celui d’autres groupes plus cรฉlรจbres, leur hรฉritage demeure au cลur de l’une des plus importantes rรฉvolutions culturelles du XXe siรจcle.


