{"id":240,"date":"2026-05-18T23:45:24","date_gmt":"2026-05-18T21:45:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/?p=240"},"modified":"2026-05-24T18:37:43","modified_gmt":"2026-05-24T16:37:43","slug":"le-tresor-des-nazis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/2026\/05\/18\/le-tresor-des-nazis\/","title":{"rendered":"Jaroslav Sveceny"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s\u2019appelait Jaroslav Sveceny, mais dans les rues poudreuses de Los Angeles, il devenait simplement Jaro. Une silhouette longiligne, voix de basse douce comme un cuir bien tann\u00e9, regard de cin\u00e9aste ayant trop vu. Il aurait fait un excellent psychanalyste, n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 cette incapacit\u00e9 chronique \u00e0 croire que quiconque, vraiment, puisse \u00eatre sauv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il avait fui Prague \u00e0 la faveur d\u2019un voyage \u00e9tudiant organis\u00e9 au c\u0153ur m\u00eame de la temp\u00eate. 1968. Les chars russes s\u2019\u00e9taient invit\u00e9s sans pr\u00e9venir. Jaro, lui, avait dit merci pour l\u2019hospitalit\u00e9 et profit\u00e9 du chaos pour demander l\u2019asile. Il s\u2019installa \u00e0 L.A., o\u00f9 il se fit un nom, ou du moins l\u2019illusion d\u2019un nom. Pas tout \u00e0 fait cin\u00e9aste, jamais vraiment \u00e9crivain. Une ombre au milieu des ombres du show-business, se glissant avec une aisance d\u00e9routante parmi les gens plus c\u00e9l\u00e8bres que lui, comme s\u2019il avait toujours su quelque chose qu\u2019eux ignoraient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il avait ce don rare, presque inqui\u00e9tant, de faire croire aux autres qu\u2019ils comptaient. M\u00eame les plus puissants semblaient flatt\u00e9s qu\u2019il se souvienne de leur pr\u00e9nom. C\u2019est lui qui, sans s\u2019en vanter, m\u2019avait mis le pied \u00e0 l\u2019\u00e9trier. Par simple \u00e9l\u00e9gance, je crois. Jaro \u00e9tait comme \u00e7a : trop charmant pour \u00eatre fiable, trop lucide pour \u00eatre dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il avait une passion discr\u00e8te pour les entreprises vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Il les lan\u00e7ait avec le sourire triste de celui qui porte un toast \u00e0 un naufrage pr\u00e9vu. Il r\u00e9p\u00e9tait une vieille blague tch\u00e8que chaque fois qu\u2019un de ses projets sombrait : \u00ab Je bois \u00e0 la r\u00e9ussite de notre entreprise\u2026 vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. \u00bb Ce rire, toujours au bord des larmes. Et les femmes, bien s\u00fbr. Toujours jeunes, toujours belles, toujours un peu perdues. Une d\u2019entre elles, un jour, lui dit qu\u2019elle devait partir. \u00ab Tu es trop compr\u00e9hensif. \u00c7a en devient insupportable. \u00bb Il sourit et r\u00e9pondit simplement : \u00ab Je comprends. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/le-tresor-des-nazis\/\" data-type=\"page\" data-id=\"196\"><s>Apr\u00e8s la R\u00e9volution de velours, il \u00e9tait retourn\u00e9 \u00e0 Prague. Officiellement pour un reportage. O<em>fficieusement, pour autre chose. Jaro avait le chic pour tomber sur des histoires que personne ne cherchait, sauf lui. Deux anciens agents du r\u00e9gime \u2013 des fant\u00f4mes sans uniforme \u2013 lui avaient propos\u00e9 une qu\u00eate, une vraie cette fois : celle d\u2019un tr\u00e9sor nazi, dissimul\u00e9 quelque part dans les sous-sols boueux d\u2019une Tch\u00e9coslovaquie en transition.<\/em><\/s><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cliquer sur le dernier paragraphe pour voir la chasse au tr\u00e9sor de Jaroslav.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s\u2019appelait Jaroslav Sveceny, mais dans les rues poudreuses de Los Angeles, il devenait simplement Jaro. 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