{"id":575,"date":"1971-06-09T11:39:00","date_gmt":"1971-06-09T10:39:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/?p=575"},"modified":"2026-06-10T15:16:01","modified_gmt":"2026-06-10T13:16:01","slug":"les-charlatans-de-san-francisco","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/1971\/06\/09\/les-charlatans-de-san-francisco\/","title":{"rendered":"les Charlatans de San Francisco"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">JJ\u2019avais rencontr\u00e9 Georges Hunter \u00e0 Londres, par l\u2019entremise d\u2019une fille qui vendait des allers-retours pour Los Angeles \u00e0 mille francs. Le rendez-vous pour les billets avait eu lieu dans l\u2019appartement de Graham Hill, le pilote automobile. Je le revis dans l\u2019avion, au r\u00e9veil, \u00e0 l\u2019approche de Los Angeles : j\u2019avais aval\u00e9 des cachets pour dormir. Il me restait une mince ligne de coke, ramen\u00e9e de Paris, que je n\u2019avais aucune intention de faire franchir \u00e0 la douane am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Georges arborait toujours un large sourire sous une petite moustache, exhibant fi\u00e8rement une incisive manquante. Une sorte de Newman du <em>Mad Magazine<\/em>. L\u2019un de ses amis, Allan Rose, avait d\u2019ailleurs cr\u00e9\u00e9 ce journal. Georges travaillait pour Globe Propaganda, son agence de graphisme, dont le slogan proclamait : \u00ab mensonges \u00e9hont\u00e9s et&nbsp; grosse exag\u00e9rations. <em>Rolling Stone<\/em> magazine l\u2019avait un jour qualifi\u00e9 de premier des hippies. Avec le groupe des Charlatans, il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019un des pionniers du rock psych\u00e9d\u00e9lique : la transition des beatniks aux hippies, l\u2019aube de la c\u00f4te Ouest avec Quicksilver Messenger Service, les Grateful Dead, la Holding Company de Janis Joplin. Georges dessinait les pochettes de disques et les billets de concert pour Bill Graham, le grand promoteur de concerts de San Francisco.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les charlatans avaient \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 cr\u00e9er une image avec des habillement de la l\u00e9gende du Far-West. Georges \u00e9tait passionn\u00e9 de tout ce qui rappeler les ann\u00e9es du d\u00e9but de l&rsquo;industrialisation am\u00e9ricaine. Il avait fait de sa maison, qui \u00e9tait un immeuble en bois typique de San Francisco, mus\u00e9e du temps pass\u00e9 des rideaux de la peinture des murs et et des moulures couleur marron ou verd\u00e2tre dans le style de l&rsquo;\u00e9poque. Tous les meubles et tous les objets avait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans les brocantes. Il comprit. La cuisini\u00e8re est heureux que j&rsquo;ai rateurs au mur. Au mur des images de Maxfield Parishes, compl\u00e9ter l&rsquo;illusion d&rsquo;\u00eatre dans une autre \u00e9poque. Il y avait cependant une cha\u00eene st\u00e9r\u00e9o de tr\u00e8s haute qualit\u00e9 avec un amplificateur Alandete Macintosh et des enceintes construit sp\u00e9cialement par Orange pour les concerts en plein air. Dans le duplex de la rue Downey, le Rock &lsquo;n&rsquo; roll qui \u00e9tait Roy. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Georges avait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des instigateur et organisateur du c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tait de l&rsquo;amour ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas un euph\u00e9misme  en pleine lib\u00e9ration sexuelle. Il \u00e9tait seulement seulement un  Hipppie c&rsquo;est neuf mais aussi un addict du sexe toute son \u00e9nergie en dehors du travail \u00e9tait o\u00f9 trouver des femmes si multiples aventures, ne manque jamais de tourner mal, soit dans la jalousie des autres hommes, soit qui ne connaissait pas ses limites. Il avait pas la notion de la moindre d\u00e9cence. Un jour une de mes amie Manager de groupe de rock &lsquo;n&rsquo; roll , James lui avait envoy\u00e9 une carte d&rsquo;anniversaire qui disait \u00abquelqu&rsquo;un dans le nom est sur tous les murs, des toilettes publiques ne peut pas \u00eatre compl\u00e8tement mauvais. \u00bb C&rsquo;\u00e9tait pourtant un bon p\u00e8re de famille pour son fils. Maxfield est avait avec sa femme Lucie avec qui il avait un mariage ouvert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette \u00e9poque, San Francisco devenait le laboratoire d\u2019un monde nouveau. Les Charlatans ne se contentaient pas de jouer de la musique : ils inventaient une esth\u00e9tique et un mode de vie. Leurs v\u00eatements inspir\u00e9s du Far West, leur go\u00fbt pour les affiches psych\u00e9d\u00e9liques, leurs concerts l\u00e9gendaires au Red Dog Saloon et leur rejet des conventions traditionnelles contribu\u00e8rent \u00e0 jeter les bases de la contre-culture hippie. Bien avant le Summer of Love de 1967, ils participaient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la naissance de cette sc\u00e8ne o\u00f9 allaient \u00e9merger Quicksilver Messenger Service, les Grateful Dead et toute la mouvance psych\u00e9d\u00e9lique de la c\u00f4te Ouest. Rolling Stone qualifia un jour Georges Hunter de \u00ab premier des hippies \u00bb, formule qui n&rsquo;\u00e9tait pas totalement exag\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La maison de Georges refl\u00e9tait parfaitement cet \u00e9tat d&rsquo;esprit. Dans son duplex de Downey Street, chaque d\u00e9tail semblait provenir d&rsquo;une autre \u00e9poque. Passionn\u00e9 par l&rsquo;Am\u00e9rique du XIXe si\u00e8cle et les d\u00e9buts de l&rsquo;industrialisation, il avait transform\u00e9 son habitation en v\u00e9ritable mus\u00e9e vivant : meubles chin\u00e9s, couleurs d&rsquo;\u00e9poque, gravures anciennes et illustrations de Maxfield Parrish recr\u00e9aient l&rsquo;atmosph\u00e8re d&rsquo;un monde disparu. Seule une cha\u00eene st\u00e9r\u00e9o ultramoderne rappelait que nous \u00e9tions dans les ann\u00e9es soixante. C&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 que se croisaient artistes, musiciens, graphistes et aventuriers de toutes sortes, dans une ambiance o\u00f9 la musique, l&rsquo;exp\u00e9rimentation et la libert\u00e9 semblaient abolir les fronti\u00e8res sociales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque le Summer of Love attira pr\u00e8s de cent mille jeunes \u00e0 San Francisco en 1967, les Charlatans n&rsquo;en furent pas les organisateurs officiels, mais ils avaient largement contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er le climat culturel qui rendit cet \u00e9v\u00e9nement possible. Leur influence d\u00e9passait largement le domaine musical. Ils particip\u00e8rent \u00e0 diffuser les id\u00e9aux de libert\u00e9 individuelle, de vie communautaire et d&rsquo;\u00e9mancipation qui caract\u00e9ris\u00e8rent toute une g\u00e9n\u00e9ration. Georges Hunter incarnait \u00e0 lui seul cet esprit de rupture : graphiste talentueux, provocateur infatigable, organisateur d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements et figure embl\u00e9matique de la lib\u00e9ration des m\u0153urs. Aujourd&rsquo;hui encore, bien que le nom des Charlatans soit souvent \u00e9clips\u00e9 par celui d&rsquo;autres groupes plus c\u00e9l\u00e8bres, leur h\u00e9ritage demeure au c\u0153ur de l&rsquo;une des plus importantes r\u00e9volutions culturelles du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JJ\u2019avais rencontr\u00e9 Georges Hunter \u00e0 Londres, par l\u2019entremise d\u2019une fille qui vendait des allers-retours pour Los Angeles \u00e0 mille francs. 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