{"id":853,"date":"1978-07-06T19:44:00","date_gmt":"1978-07-06T17:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/?p=853"},"modified":"2026-07-06T23:25:21","modified_gmt":"2026-07-06T21:25:21","slug":"reve-percant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/1978\/07\/06\/reve-percant\/","title":{"rendered":"R\u00eave Per\u00e7ant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 mon retour des \u00c9tats-Unis, apr\u00e8s ce long p\u00e9riple qui m&rsquo;avait conduit des plages du Mexique aux immenses \u00e9tendues du Texas, puis jusqu&rsquo;\u00e0 la Californie o\u00f9 une aventure malheureuse avait bien failli me conduire derri\u00e8re les barreaux, je pris la r\u00e9solution de donner enfin une direction s\u00e9rieuse \u00e0 mon existence. J&rsquo;avais trouv\u00e9 un grand studio \u00e0 Suresnes, avenue de la Fontaine-du-Tertre, cette voie paisible qui longe les pentes du mont Val\u00e9rien. Dominant la capitale, elle semblait suspendue entre ciel et terre. Depuis la vaste terrasse de trente-cinq m\u00e8tres carr\u00e9s qui prolongeait mon logement, Paris s&rsquo;\u00e9tendait comme une immense carte vivante dont les monuments se d\u00e9coupaient dans les brumes du matin. Derri\u00e8re moi se dressait la masse imposante du mont Val\u00e9rien, cette ancienne forteresse militaire entour\u00e9e de puissantes murailles, de foss\u00e9s profonds d&rsquo;une dizaine de m\u00e8tres et de vastes ouvrages d\u00e9fensifs o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e entretenait encore un impressionnant parcours du combattant. Ce voisinage donnait \u00e0 l&rsquo;endroit une atmosph\u00e8re singuli\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;Histoire semblait veiller silencieusement sur la ville moderne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je m&rsquo;inscrivis alors \u00e0 la facult\u00e9 de droit de Nanterre tout en suivant, presque simultan\u00e9ment, les cours de persan \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole nationale des langues orientales, qui poss\u00e9dait alors une implantation \u00e0 Asni\u00e8res-sur-Seine. Les deux \u00e9tablissements \u00e9taient suffisamment proches pour que je puisse rejoindre l&rsquo;un puis l&rsquo;autre au guidon de ma fid\u00e8le Motob\u00e9cane \u00e0 la selle tigr\u00e9e, traversant chaque jour les rues de la proche banlieue parisienne avec l&rsquo;enthousiasme de celui qui croit encore que tous les chemins de la connaissance conduisent \u00e0 l&rsquo;aventure. Si je poursuivais des \u00e9tudes de droit, mon v\u00e9ritable r\u00eave demeurait ailleurs. Depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, je nourrissais une profonde fascination pour l&rsquo;Iran. Elle ne venait pas seulement des r\u00e9cits de voyageurs ou de la splendeur de la Perse antique, mais surtout des nombreux Iraniens exil\u00e9s que j&rsquo;avais rencontr\u00e9s en France. Tous \u00e9voquaient leur pays avec une \u00e9motion qui d\u00e9passait la simple nostalgie. \u00c0 travers leurs r\u00e9cits de jardins, de montagnes, de po\u00e9sie, de musique et de villes l\u00e9gendaires comme Ispahan ou Chiraz, ils avaient \u00e9veill\u00e9 en moi un irr\u00e9sistible d\u00e9sir de d\u00e9couvrir cette civilisation dont la culture semblait compter parmi les plus raffin\u00e9es du monde. L&rsquo;\u00e9tude du persan n&rsquo;\u00e9tait donc pas un simple exercice universitaire : elle repr\u00e9sentait pour moi la premi\u00e8re \u00e9tape d&rsquo;un voyage que j&rsquo;esp\u00e9rais accomplir un jour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette fascination s&rsquo;ajoutait une circonstance plus personnelle. Je connaissais les enfants de Michel de Bourbon-Parme, dont la fortune \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e provenir en partie des excellentes relations entretenues avec le r\u00e9gime du Chah d&rsquo;Iran. Sans vraiment croire au destin, je laissais pourtant vagabonder mon imagination. Je me voyais d\u00e9j\u00e0 parcourir les palais de T\u00e9h\u00e9ran, d&rsquo;Ispahan ou de Chiraz, chevalet sous le bras, r\u00e9alisant les portraits de l&rsquo;aristocratie persane dans une atmosph\u00e8re digne des peintres de cour europ\u00e9ens. Ce r\u00eave, aussi improbable f\u00fbt-il, donnait une saveur particuli\u00e8re \u00e0 chacune de mes le\u00e7ons de persan, dont j&rsquo;apprenais l&rsquo;alphabet et les subtilit\u00e9s grammaticales avec une passion grandissante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement \u00e0 mes \u00e9tudes, je consacrais l&rsquo;essentiel de mon temps libre \u00e0 la peinture. Je m&rsquo;\u00e9tais procur\u00e9 chez Sennelier un magnifique chevalet de bois ainsi que tout le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 la peinture \u00e0 l&rsquo;huile. Mais je refusais les m\u00e9thodes modernes. Je voulais retrouver les secrets des ma\u00eetres de la Renaissance. Je m&rsquo;\u00e9tais procur\u00e9 les ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence consacr\u00e9s aux anciennes recettes des ateliers, notamment ceux de Jean Rudel Cinotti et d&rsquo;autres historiens des techniques picturales, qui expliquaient avec une pr\u00e9cision presque alchimique la pr\u00e9paration des toiles, des appr\u00eats, des huiles, des m\u00e9diums et des vernis employ\u00e9s par les grands peintres des XVe et XVIe si\u00e8cles. Je tendais moi-m\u00eame une toile tr\u00e8s fine sur une toile plus \u00e9paisse avant de pr\u00e9parer longuement les enduits. Je broyais les pigments, m\u00e9langeais les huiles, laissais m\u00fbrir les pr\u00e9parations et respectais avec un soin presque religieux les recommandations des anciens trait\u00e9s, certains allant jusqu&rsquo;\u00e0 conseiller de r\u00e9aliser certaines op\u00e9rations pendant les nuits de pleine lune ou lors des grands orages, lorsque, disait-on, l&rsquo;humidit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 de l&rsquo;air favorisaient la qualit\u00e9 des pr\u00e9parations. Ce rituel me fascinait autant que la peinture elle-m\u00eame, tant il donnait l&rsquo;impression de participer \u00e0 une tradition ininterrompue remontant aux ateliers de L\u00e9onard de Vinci ou de Titien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis survint l&rsquo;ann\u00e9e 1979. Lorsque je me rendis \u00e0 l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran, peu apr\u00e8s le retour de l&rsquo;ayatollah Rouhollah Khomeini en f\u00e9vrier et l&rsquo;effondrement du r\u00e9gime imp\u00e9rial, je d\u00e9couvris un spectacle irr\u00e9el. Les immenses salons \u00e9taient d\u00e9serts. Je traversai seul ces vastes pi\u00e8ces couvertes de gigantesques tapis persans sans rencontrer le moindre fonctionnaire. Tout le personnel diplomatique avait quitt\u00e9 les lieux. En quelques semaines, la R\u00e9volution iranienne avait balay\u00e9 le monde auquel je r\u00eavais d&rsquo;appartenir. Avec la proclamation de la R\u00e9publique islamique, les perspectives qui avaient nourri mon imagination s&rsquo;\u00e9vanouirent comme un mirage. Les palais, les commandes de portraits, les relations avec l&rsquo;ancienne aristocratie persane disparaissaient d\u00e9finitivement derri\u00e8re les bouleversements de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;aurais pu poursuivre malgr\u00e9 tout mon chemin de peintre. J&rsquo;avais consacr\u00e9 des mois \u00e0 \u00e9tudier les ma\u00eetres anciens, \u00e0 tenter d&rsquo;en retrouver les gestes et les secrets, esp\u00e9rant qu&rsquo;un jour ma propre mani\u00e8re na\u00eetrait de cette longue discipline. Peut-\u00eatre aurais-je \u00e9volu\u00e9 vers le pop art, peut-\u00eatre vers une forme d&rsquo;art contemporain, nul ne le saura jamais. Mais une passion amoureuse vint bouleverser tous mes projets. Je venais d&rsquo;obtenir mon DEUG de droit et, sous l&rsquo;influence d&rsquo;une jeune femme persuad\u00e9e que seul l&rsquo;argent assurait le bonheur, je renon\u00e7ai peu \u00e0 peu \u00e0 mes pinceaux. Les costumes trois-pi\u00e8ces remplac\u00e8rent les blouses tach\u00e9es de couleur ; les salles de march\u00e9 succ\u00e9d\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;atelier ; et c&rsquo;est ainsi que, presque sans m&rsquo;en apercevoir, je quittai le monde silencieux des artistes pour entrer dans celui, infiniment plus bruyant, de la Bourse de commerce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9couverte de ce nouvel univers dissipa bien vite les illusions que je pouvais encore nourrir. Je croyais entrer dans un temple de la finance o\u00f9 l&rsquo;intelligence, l&rsquo;observation et la connaissance de l&rsquo;\u00e9conomie guidaient les d\u00e9cisions des hommes. Je ne tardai pas \u00e0 comprendre que je p\u00e9n\u00e9trais plut\u00f4t dans une vaste salle de jeux dont les r\u00e8gles, infiniment plus complexes que celles d&rsquo;un casino, produisaient pourtant les m\u00eames ravages. Les murs \u00e9taient couverts de tableaux, de graphiques et de cotations qui semblaient conf\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;ensemble une apparence scientifique. Mais derri\u00e8re cette fa\u00e7ade de rigueur, je retrouvais les m\u00eames ressorts que dans les maisons de jeu : l&rsquo;esp\u00e9rance, la peur, la cupidit\u00e9 et, surtout, l&rsquo;illusion que le prochain coup serait le bon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le travail qui nous \u00e9tait demand\u00e9 me mettait profond\u00e9ment mal \u00e0 l&rsquo;aise. Il fallait convaincre sans cesse de nouveaux clients d&rsquo;investir leurs \u00e9conomies sur les march\u00e9s \u00e0 terme des mati\u00e8res premi\u00e8res. Les conversations \u00e9taient presque toujours les m\u00eames. On montrait des graphiques couvrant plusieurs ann\u00e9es, o\u00f9 les cours semblaient monter inexorablement malgr\u00e9 quelques fluctuations. \u00c0 regarder ces courbes g\u00e9n\u00e9rales, l&rsquo;investissement paraissait presque \u00e9vident. Pourtant, ces trac\u00e9s lisses cachaient une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup plus brutale. Entre deux points \u00e9loign\u00e9s de plusieurs mois se succ\u00e9daient d&rsquo;innombrables soubresauts quotidiens, ces violentes dents de scie que les graphiques simplifi\u00e9s faisaient dispara\u00eetre. C&rsquo;\u00e9taient pr\u00e9cis\u00e9ment ces oscillations qui d\u00e9cidaient du sort des investisseurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le principe paraissait s\u00e9duisant. Gr\u00e2ce au syst\u00e8me des d\u00e9p\u00f4ts de garantie, il suffisait souvent d&rsquo;immobiliser environ dix pour cent de la valeur r\u00e9elle d&rsquo;un contrat pour prendre une position repr\u00e9sentant dix fois cette somme. Le moindre mouvement favorable du march\u00e9 permettait alors de r\u00e9aliser un b\u00e9n\u00e9fice consid\u00e9rable sur le capital engag\u00e9. Mais cette puissance jouait dans les deux sens. Si les cours \u00e9voluaient d\u00e9favorablement, la perte \u00e9tait multipli\u00e9e dans les m\u00eames proportions. D\u00e8s que le d\u00e9p\u00f4t initial ne suffisait plus \u00e0 couvrir le risque, le courtier adressait au client un appel de marge. Celui-ci devait imm\u00e9diatement verser de nouvelles sommes afin de maintenir sa position ouverte. S&rsquo;il ne pouvait r\u00e9pondre dans les d\u00e9lais, la position \u00e9tait liquid\u00e9e d&rsquo;office et les pertes devenaient d\u00e9finitives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les rares op\u00e9rateurs exp\u00e9riment\u00e9s, ceux qui suivaient quotidiennement les march\u00e9s, comprenaient ce m\u00e9canisme et disposaient parfois des capitaux n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 plusieurs appels de marge successifs. Ils repr\u00e9sentaient une minorit\u00e9. La grande majorit\u00e9 de nos clients, en revanche, \u00e9taient des particuliers qui avaient investi les \u00e9conomies de toute une vie. Ils imaginaient effectuer un placement alors qu&rsquo;ils entraient, souvent sans le comprendre pleinement, dans un syst\u00e8me de sp\u00e9culation \u00e0 effet de levier o\u00f9 la moindre variation pouvait an\u00e9antir leur capital. Les gains des uns provenaient in\u00e9vitablement des pertes des autres. \u00c0 mesure que les semaines passaient, je voyais les comptes se vider, les appels t\u00e9l\u00e9phoniques devenir plus angoiss\u00e9s, puis le silence s&rsquo;installer lorsque tout avait \u00e9t\u00e9 perdu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me souviens encore de certains vendeurs, excellents psychologues, qui savaient flatter les esp\u00e9rances de leurs interlocuteurs avec un talent presque th\u00e9\u00e2tral. Ils r\u00e9p\u00e9taient inlassablement les m\u00eames arguments, comme les croupiers d&rsquo;un grand casino annon\u00e7ant que tel num\u00e9ro n&rsquo;\u00e9tait plus sorti depuis longtemps et qu&rsquo;il avait donc toutes les chances d&rsquo;appara\u00eetre au prochain tour de roulette. Je savais pourtant que cette logique \u00e9tait trompeuse. Les march\u00e9s n&rsquo;avaient pas de m\u00e9moire, pas plus que la roulette. Chaque variation ob\u00e9issait \u00e0 des circonstances nouvelles, ind\u00e9pendantes des pr\u00e9c\u00e9dentes. Pourtant, l&rsquo;espoir demeure toujours plus fort que la raison lorsque l&rsquo;argent et les r\u00eaves d&rsquo;une vie sont en jeu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus les mois passaient, plus je me sentais \u00e9tranger \u00e0 ce m\u00e9tier. Je n&rsquo;\u00e9tais pas fait pour vendre des esp\u00e9rances dont je connaissais les limites. Moi qui, quelques semaines auparavant, pr\u00e9parais patiemment les couleurs des peintres de la Renaissance dans le silence de mon atelier, je passais d\u00e9sormais mes journ\u00e9es \u00e0 observer des chiffres qui montaient et descendaient avec une indiff\u00e9rence absolue au destin des hommes. Chaque soir, en quittant la Bourse de commerce, j&rsquo;avais le sentiment de m&rsquo;\u00e9loigner un peu plus de celui que j&rsquo;avais voulu devenir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 mon retour des \u00c9tats-Unis, apr\u00e8s ce long p\u00e9riple qui m&rsquo;avait conduit des plages du Mexique aux immenses \u00e9tendues du Texas, puis jusqu&rsquo;\u00e0 la Californie o\u00f9 une aventure malheureuse avait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":857,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-853","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-questionner-la-realite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=853"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":856,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions\/856"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/media\/857"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=853"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=853"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.schultz-touge.com\/blogfiction\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=853"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}